Marc-Antoine Charpentier auditorium
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Recherche et documentation Le Compositeur de l'ombre L'Oeuvre

Hier

Après près de deux siècles d'oubli, l'intérêt pour la musique de Marc-Antoine Charpentier a commencé à se manifester par le biais du théâtre. Le Malade imaginaire fut représenté en 1860, puis en 1892 avec sa musique, la seconde fois "restaurée" par Camille Saint-Saëns. Mais c'est surtout Michel Brenet qui, dès la fin de ce siècle, pressentit la valeur de la musique de Charpentier. Les meilleurs musicologues français (Henri Quittard, Jules Écorcheville, Lionel de La Laurencie, Eugène Borrel...) apportèrent ensuite leur contribution à la redécouverte du compositeur jusqu'à la première étude d'ensemble de Claude Crussard parue en 1945 sous ce titre évocateur : Un musicien français oublié, Marc-Antoine Charpentier. Dans les années 1950-60, plusieurs thèses américaines, dont certaines font toujours autorité, s'attachèrent à l'oeuvre sacrée de Charpentier. Par la suite, les articles se multiplièrent, notamment ceux de Hugh W. Hitchcock, musicologue auquel Charpentier doit le plus. Les travaux de l'Américain aboutissent en 1982 à la somme que constitue le Catalogue raisonné des Œuvres de Marc-Antoine Charpentier. Depuis, chaque pièce de Charpentier porte un numéro précédé d'un H (= Hitchcock), ce qui est d'une grande utilité notamment pour désigner les oeuvres portant un titre similaire comme les oratorios ou les motets. En 1988 paraît la première grande monographie sur le compositeur avec le livre de Catherine Cessac.

Aujourd'hui

Les nombreuses questions qui se posent sur la biographie et l'œuvre de Charpentier sont loin d'être totalement éclaircies. Parallèlement aux recherches menées essentiellement en Grande-Bretagne et aux États-Unis, les Français se mobilisent également. Sur le plan strictement biographique, Charpentier reste toujours un personnage mystérieux, même si les travaux très approfondis de Patricia M. Ranum ont pu dévoiler quelques pans de ses origines familiales et des milieux fréquentés par le compositeur. C'est toutefois au Centre de Musique Baroque de Versailles que se concentre la recherche sur Charpentier. L'ensemble de l'œuvre a été catalogué sur la base de données Philidor. Depuis 10 ans, le Centre de Musique Baroque de Versailles est le principal éditeur de partitions de Charpentier : l'intégralité des messes est désormais disponible, ainsi qu'un nombre important d'histoires sacrées et de motets. Ici, encore, un séminaire formé de chercheurs et d'étudiants est animé depuis 2001 par Catherine Cessac, chercheur du CNRS. Ce séminaire vise en grande partie à préparer le colloque de 2004 en dégageant les principaux axes de recherche.
Il est certain qu'aujourd'hui Charpentier passionne plus que jamais les chercheurs et les musiciens, conscients que ce patrimoine musical exceptionnel doit être de plus en plus exploré et valorisé.

Catherine Cessac, Marc-Antoine Charpentier, Paris, Fayard, 1988, 604 p. Grand Prix de l'Académie Charles Cros 1988 Premier livre de l'année, Diapason 1989
H.W. Hitchcock, Catalogue raisonné des oeuvres de Marc-Antoine Charpentier, 1982
Patricia Ranum, Vers une chronologie des oeuvres de Marc-Antoine Charpentier, 1982
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