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Le voyage à Rome

Âgé d'une vingtaine d'années, Charpentier part à Rome où il demeure trois ans. Il y côtoie Giacomo Carissimi, reconnu comme le plus grand musicien romain de l'époque, fameux pour ses histoires sacrées ou oratorios. Charpentier retiendra la leçon puisqu'il composera de nombreuses histoires sacrées en latin et sera d'ailleurs le seul Français de cette période à s'être attaché au genre avec autant d'assiduité. Ses premières pièces dans ce domaine se ressentent du style de son aîné italien, tant dans les thèmes traités (Abraham, Le Jugement dernier, Le Jugement de Salomon) que dans l'écriture proprement dite (Judith H.391). Mais on trouve d'autres influences romaines dans l'œuvre de Charpentier, comme celles de Bonifazio Graziani ou de Francesco Foggia. Charpentier est aussi manifestement impressionné par les grandes compositions polychorales que l'on pouvait entendre dans les principales églises de Rome. Ses nombreux motets à double chœur et surtout sa Messe à quatre chœurs H.4, exemple absolument unique en France, en font foi. Comme il fit pour le célèbre Jephté de Carissimi, il recopia avec application la Missa mirabiles elationes Maris sexdecimus vocibus de Francesco Beretta.

À Rome, Charpentier rencontre aussi un de ses compatriotes, Charles Coypeau d'Assoucy qui dresse du compositeur un portrait peu flatteur, mais de toute évidence inspiré par le dépit d'être, quelques années plus tard, dédaigné par Molière. Un "original" qui "a les ventricules du cerveau bien endommagés", un "fol à plaindre" qui a "eu dans Rome besoin de [son] pain et de [sa] pitié", voici en quels termes d'Assoucy décrit son rival dans ses Rimes redoublées. On aurait besoin d'autres témoignages sur la personnalité de Charpentier pour contrebalancer ces évidentes calomnies. Malheureusement, la discrétion qu'il observa toute sa vie n'en a guère suscités.

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Basilique Saint-Pierre du Vatican en 1626, Département des Estampes © Bibliothèque Nationale de France.
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Paysage, vue de la campagne de Rome, G. Dughet; Musée Condé, Chantilly, © Réunion des Musées Nationaux.
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