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LE COLLÈGE
LOUIS-LE-GRAND

L'ÉGLISE
SAINT-LOUIS

LE NOVICIAT

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Musicien des Jésuites

Dès l'installation des Jésuites en France au milieu du XVIe siècle et la fondation des premiers collèges, les représentations théâtrales consistant en pièces en latin sur un sujet pieux s'étaient intégrées dans le programme d'éducation. Très vite, des intermèdes dansés ou chantés en français s'insérèrent à l'intérieur des tragédies. Si convertir était le maître mot de l'ordre jésuite, il était appelé à rimer avec divertir. En effet, à une époque où le théâtre fleurissait en France avec les tragédies de Corneille et de Racine et devant le succès remporté par l'opéra lullyste, le théâtre jésuite se devait d'être aussi présent sur ce terrain de la manière la plus somptueuse, avec des mises en scène et des décors raffinés.

L'objectif des Jésuites était double. Sur le plan éducatif, d'avoir à jouer chaque année une tragédie permettait aux jeunes élèves, tout en y puisant un précieux stimulant pour leurs études, de se perfectionner dans la langue latine et d'en apprendre les meilleurs tours. Le théâtre et la danse leur donnaient l'occasion de se bien conduire en public, d'acquérir de l'aisance et de la grâce dans le maintien, ce qui, pour l'"honnête homme" du XVIIe siècle devant tenir sa place dans le monde, avait son importance. Les Pères étaient eux-mêmes chargés d'enseigner à leurs élèves le métier du parfait comédien, l'art de la prononciation et du geste. Le second but du théâtre jésuite touchait à l'édification morale : la tragédie devait servir à former les mœurs et pour cela, les sujets étaient puisés dans les Écritures Saintes et les grands textes de l'Église.

Le collège de Clermont (appelé Louis-Le-Grand à partir de 1683), l'école la plus éminente de la capitale par le nombre de ses élèves et la qualité de ses professeurs, était en outre le lieu des plus importantes manifestations en matière théâtrale. Celles-ci se déroulaient deux fois l'an, au mois d'août pour la distribution des prix et pendant le carnaval. Il existait plusieurs lieux de représentation, soit couverts, soit en plein air. Le public nombreux et de qualité (la famille royale, les plus hauts personnages de la noblesse et de l'église) venait applaudir les jeunes élèves méritants qui, après de longues préparations, étaient récompensés de leurs efforts par le succès remporté par ces spectacles.

Au fil des années, les intermèdes musicaux entre les tragédies latines prirent de plus en plus d'ampleur, si bien qu'ils constituèrent de véritables tragédies en musique. L'exemple le plus achevé de cette évolution est le David et Jonathas du Père François Bretonneau et de Charpentier, joué le 28 février 1688, conjointement avec une tragédie latine récitée, sur le même sujet, intitulée Saul, due au Père Chamillart.

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Cour du collège Louis-le-Grand, Département des Estampes © Bibliothèque Nationale de France.
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Plaque commémorative au Lycée Louis-le-Grand; photo / Donald T. Oglesby.
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